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Discours de Roland RODRIGUEZ pour la Première Vice-présidence de la FNUJA



Discours prononcé par Roland RODRIGUEZ lors du 69ème Congrès de la FNUJA à Lille, le 19 Mai 2012



Discours de Roland RODRIGUEZ pour la Première Vice-présidence de la FNUJA



Mes chers amis

Mon discours aurait pu commencer comme une chanson d’Aznavour

En effet, "je n’aurais jamais cru qu’on se rencontrerait..."

Sur l'échelle des possibles, le taux de probabilité pour que je me retrouve aujourd’hui à LILLE devant vous, pour vous soumettre ma candidature à la première vice présidence de la FNUJA était, il faut bien le dire, assez peu élevé.

Comment cela a t il pu arriver ?

Je ne sais trop que dire, ni par où commencer... Les souvenirs foisonnent , envahissent ma tête...


***


Je suis né dans un coin de France, où les esprits sont aussi contestataires que l’accent rocailleux.
Je ne vais pas jouer à l'imbécile heureux qui est né quelque part, pour paraphraser Brassens, mais évidemment, Narbonne est la plus belle ville du monde... à l'exception de toutes les autres.


Pourtant, j'y ne connaissais personnellement aucun avocat, mes parents n’étaient pas avocats.
J’ai eu beau chercher minutieusement dans mon arbre généalogique, je n’y ai trouvé que des jornaleros, ces gens modestes payés à la journée, qui vivaient de leurs travaux aux champs dans les plaines d’ALBACETE, dans l'est de l'Espagne

Pourtant dès 14 ans j’étais déterminé à devenir avocat.
Avec le recul je me rends compte qu'à cet age, je n’appréhendais cette profession qu’au travers de l’image que j’avais pu en avoir dans quelques films et séries télévisées

Pourquoi ai je voulu devenir avocat ?
Envie de défendre ?
Goût de la joute verbale ?
Attrait pour la noblesse et le respect que m’inspirait cette profession ?
Certainement un peu de tout çà.

Je crois que mes parents ont été dubitatifs lorsque je leur ai annoncé mon choix.
Ils me savaient déterminé voire têtu.
Alors ils m’ont donc encouragé à suivre cette voie.
Je veux ici avoir une pensée pour eux.
Je crois comprendre qu'ils éprouvent une certaine fierté de ce que je fais de ma vie, mais leur pudeur les amènera à rester discrets.
Malgré la distance, ils sont toujours présents et avec eux la solidarité familiale n'est pas un concept abstrait .

***

J’ai écumé les Fac de droit de Septimanie, de PERPIGNAN à MONTPELLIER pour atterrir au CRFPA de NIMES, quant il existait encore pour une petite trentaine d’élèves avocats.

C’est lors de mon préstage dans un cabinet narbonnais que j’ai réellement découvert la profession d’avocat.
Je devais y passer trois mois, délai légal du préstage à l'époque.
J’y suis resté le double. J'avais anticipé en quelque sorte anticipé la réforme de la formation initiale.

Je garde pour Les bâtonniers Pierre GOUIRY et Robert MARY une affection toute particulière pour m’avoir permis de vivre un préstage idéal au sein d’un barreau chaleureux.
Ils ont été de véritables maîtres de stage, des tuteurs.
Ils restent pour moi des modèles sur le plan professionnel et sur le plan humain.

C’est aussi à NARBONNE que j’ai découvert l’UJA, une de ces UJA qu’on pourrait qualifier de petite et qui malheureusement se tiennent un peu à l’écart de notre famille.
Une UJA qui comme dans beaucoup de barreaux dits de taille modeste
ne repose que sur quelques personnes et connaît plus de bas que de haut, une UJA qui n’a aucun budget.

Mais une UJA qui met en place une entraide réelle au quotidien entre les jeunes confrères, qui crée du lien, ce lien si particulier et unique qui n’existe dans aucune autre profession libérale...
Et puis évidemment une UJA qui lors du banquet annuel, là-bas, dans un petit restaurant niché sur les hauteurs du massif de la clape, brocarde en fin de repas au cours de quelques sketches le Bâtonnier, les magistrats, et quelques confrères atypiques.

Ces UJA ressemblent à ces cousins éloignés que l’on ne voit qu’à de rares occasions, avec qui on passe des moments formidables lors d’une fête de famille et qu’on quitte à regret en se disant qu’on a tant de choses en commun et qu'il est triste qu’on ne se voit pas plus souvent.
La FNUJA a le devoir, inlassablement de se manifester à elles et de leur rappeler qu'elles ne sont pas seules

J’aurais pu être membre de l’UJA de NARBONNE.
j’aurais aimé que vous veniez me voir, que vous me rappeliez que j’étais de la famille, que nous avions tant en commun...

J’aurais pu être membre de l’UJA de NARBONNE...
mais la vie en a décidé autrement.


***

Mon CAPA en poche, je suis parti sur la Côte d’Azur.
J'aurais pu partir dans n'importe quelle autre grande région
Il fallait partir... peut être pour mieux revenir ensuite.
La vie a décidé que ce serait la côté d'azur.
Je crois de toutes façons que je suis viscéralement attaché à cette Méditerranée dans laquelle je ne me baigne jamais mais que je n’aime pas perdre de vue plus de quelques jours.
Alors ce fût GRASSE ou plutôt ANTIBES soyons précis.

Je ne connaissais personne...et réciproquement.

J’ai été accueilli par l’UJA lors d’une soirée où on me fît chanter habillé d’une grenouillère d’une taille trop petite.
Cela ne vous étonnera pas, vous savez que je peux faire bien pire

Au bout de quelques mois, certains on cru déceler en moi quelques qualités pour l'engagement syndical.

Il est vrai que j’ai toujours baigné dans le milieu associatif en y prenant souvent des responsabilités.

Je suis assez fier d’avoir été à 18 ans le Président fondateur d’une MJC qui est devenue aujourd’hui une structure incontournable là-bas à MONTREDON DES CORBIERES où j’ai grandi.

L'objet social de cette association était finalement très proche de celui de l’UJA, défendre les intérêts des jeunes du village leur proposer des activités, créer du lien de convivialité.
C’était loin d’être inutile dans une bourgade de 900 habitants où la première grande ville MONTPELLIER est à 80 kilomètres.

Les valeurs autour de l’engagement collectif, de la défense de l’intérêt général, je les ai donc connues très jeune.

C’est naturellement que j’ai accepté avec enthousiasme de rejoindre le bureau de l’UJA de GRASSE.

Là j’ai rencontré Emmanuel VOISIN MONCHO, une amitié est née.
En théorie elle était totalement improbable tant elle pouvait paraître l’alliance de la carpe et du lapin

En réalité, nous partageons notamment avec Emmanuel le goût pour l’engagement syndical et associatif, qui nous a amené à cheminer ensemble à l'UJA et au Conseil de l'Ordre.
Nous avons traversé ensemble quelques gros orages et avons réussi à éviter la foudre.
Je le remercie d’être là présent en ce jour particulier avec sa douce Agnès. Votre amitié à tous les deux m’est très précieuse.

Emmanuel était délégué FNUJA et m’a donc entraîné au Congrès de PARIS en 2004.
J’étais supposé simplement venir y faire un petit numéro dans la revue... et voilà aujourd’hui où nous en sommes.


***


Je souhaite évoquer devant vous deux moments particuliers qui font que je suis là aujourd’hui et qui me paraissent représentatifs de notre Famille.

Le premier a eu lieu à CANNES au Majestic en février 2007.

A l'époque, mon UJA et moi sommes en froid.
Nous avons pourtant vécu une belle histoire
Nous avons flirté.
Nous nous sommes rapprochés.
Puis ce qui devait arriver arriva : Je suis devenu son Président.
Je l’ai aimé, J’ai voulu la magnifier, l’honorer, faire en sorte qu’on la voie telle que je la voyais, comme une grande et forte UJA du Sud Est.
Alors j’ai décidé de lui offrir ce qui me semblait être un des plus beaux cadeaux : un Comité décentralisé de la FNUJA ... et j’avais réussi avec l’aide efficace d’Emmanuel à décrocher la queue du Mickey.

Lorsque je suis revenu avec la bonne nouvelle, mon UJA m’a donné l’impression d’avoir changé, elle semblait distante...
Et lors d’une soirée, d’une noire soirée d’automne, en novembre 2006
elle ne signifia du bout des lèvres, mais fermement, qu’elle en préférait un autre.
Il faut savoir quitter la table quand le bonheur est desservi.
C’est donc en simple spectateur que j’ai observé mon UJA profiter du cadeau que j'avais voulu lui faire au mois de février 2007.
Le temps, depuis, a pansé les plaies...

Je serai toujours reconnaissant à Loïc DUSSEAU, Président de la FNUJA à l'époque du Comité de Cannes, et pour qui j’ai une pensée amicale aujourd’hui, d’avoir eu la délicatesse de me remercier publiquement pour l’initiative de ce comité.
Je suis encore ému au souvenir de ce moment où vous m’avez longuement et chaleureusement applaudi, debouts.
J’ai compris ce jour-là que j’avais trouvé une famille, une famille qui est là dans les bons comme dans les mauvais moments, qui vous tend la main et qui ne vous oublie pas.
Une famille qui connait parfois des crises, mais qui sait qu'elle n'est forte que si elle reste unie

Je me permet une digression à ce propos :
Ne laissons pas nos débats sur notre fonctionnement interne prendre le pas sur l'essentiel.
Il n'y a pas d'un côté des avocats de Paris et de l'autre des avocats de Province, des avocats qui font du juridique et des avocats qui font du judiciaire, des Avocats à l'AJ, et des avocats à l'honoraire de résultats.
Il y a tant à faire, tant à dire, tant à défendre.
Notre seule considération doit rester l'intérêt du jeune avocat.

Le second moment que je veux évoquer n’a pas lieu sur la terre ferme.
Nous sommes sur un bateau, un gros bateau au large des Côtes de la Corse, nous sommes en 2009.
L’assemblée générale du Congrès a lieu dans le salle de spectacles du bateau, le plafond est bas, il fait sombre et le Président s’agace.
Manifestement la motion que nous avons rédigée sur ce que l’on appelle aujourd’hui la gouvernance ne lui convient pas ; çà débat, çà ferraille : régionalisation ou pas régionalisation.

Le Président estime que nous devons revoir notre copie, nous retournons donc en commission escortés par quelques belles mères qui viennent nous aider à prendre le "bon chemin".
Nous résistons, concédons un peu mais restons intransigeants sur l’essentiel.
Retour à l’AG ; je finis pas comprendre que certains voudraient nous faire écrire le contraire de ce que nous pensons ; le Président veut nous renvoyer en commission. Je refuse ; il menace de mettre la motion aux votes pensant qu'elle sera rejetée. Je lui dis de mettre sa menace à exécution et finalement la motion est adoptée d’une courte majorité.
La forte pression ne nous avait pas empêché de convaincre.
Inutile de vous dire que malgré la forte tension qui a régné pendant les débats, nous avons tous fait la fête ensemble et unis, le soir même.

C’est ce jour-là je crois que s’est scellée ma volonté de prendre des responsabilités au sein de notre fédération.

J’avais déjà été délégué national…3 fois…
Les délégués nationaux sont importants, il ne nous faut pas oublier de les valoriser. Ils sont le vivier de la Fédération de demain

Il m’avait en outre été confié la coprésidence de la commission exercice professionnel avec Alexandra PERQUIN.
C’est avec elle que j’ai travaillé notamment sur le portail de l’installation dont nous cherchons encore la clé 4 ans après…
C’est aussi au travers de ratés et d’échecs qu’on se construit et qu’on apprend.


***


Et puis je suis allé au bureau, comme on dit.
Vous m’avez fait l’honneur de m’élire à la trésorerie
et puis 2 années de suite à la vice présidence province

Je veux dire mon bonheur d’avoir fait parti de ces 3 équipes sous les présidences de Camille, Romain et Stéphane.
Tous trois ont œuvré dans l’intérêt de la Fédération, que l'on n'en doute pas. Tous trois ont porté nos convictions partout où cela a été nécessaire défendant inlassablement l’intérêt des jeunes avocats et de notre syndicat.

A titre plus personnel je veux les remercier du regard bienveillant et indulgent qu’il ont porté sur moi et sur mon investissement, chacun à leur manière

Parce que je n’aime pas faire les choses à moitié, cet investissement m’amène aujourd’hui à présenter devant vous ma candidature à la 1ière Vice Présidence.

Comme disait Florent Pagny, il faut savoir donner, donner sans ratir ni demi-mesure.

C’est la raison pour laquelle j’ai accepté, à l'automne dernier de porter la voix de notre famille au Conseil National des Barreaux.
Pour le cas où vous continueriez à m’accorder votre confiance, je cumulerai pendant 2 ans encore des fonctions au bureau de notre Fédération et une fonction élective au sein de notre parlement national.

Qu’on ne s'y trompe pas : mon confort personnel aurait peut-être dû m’amener à décliner cette proposition.
J’ai estimé, en conscience, que si j’avais l’ambition de vous représenter dans les mois à venir à la tête de la Fédération, je me devais de vous servir complètement en permettant qu’à tout moment, le Président du premier syndicat d'Avocat de France puisse s’exprimer dans ce parlement et maîtrise l’ensemble des arcanes du CNB depuis l’intérieur.

C’est ainsi que je conçois mon engagement : entier, complet quitte à délaisser pendant quelques temps mes activités dans le bâtiment et à ne plus faire de siestes pendant les deux années à venir.


***


Je veux aussi vous dire que mon engagement est possible grâce à mon entourage, grâce à mes amis qui sont ici :

Emmanuel et Agnès qui m’assurent de leur aide et de leur soutien
Céline, mon associée qui supporte mes enthousiasmes excessifs et mes angoisses, tout aussi excessives.
Céline je veux te dire la joie que j’ai à te retrouver tous les jours au cabinet. Nous partageons bien plus que des bureaux, du gingembre et du wasabi. Merci d’être là.

Et puis, je ne serais pas ici devant vous, si je n'avais recueilli un accord "familial" plein et entier à la maison, où l'on sait que les oiseaux qu'on met en cage, finissent par ne plus savoir voler


Enfin il y a vous tous.
J'aime vous retrouver, j'aime croiser vos regards...
Je n'aurais jamais osé briguer un seul mandat si je n'avais pas ressenti votre soutien, votre confiance, votre affection, au delà des débats animés qui agitent nos jours, et des ébats festifs qui ponctuent nos soirées.
Je ne peux vous citer individuellement, mais soyez tous remerciés

***

Mes derniers mots iront à Yannick qui va reprendre le flambeau brillamment porté par Stéphane cette année.
Je crois que je le connais depuis que je viens à la FNUJA.
J'avais très vite senti qu'il avait l'étoffe d'un Président.
Je suis admiratif de sa détermination et de sa disponibilité au bénéfice de notre Fédération.
Je sais qu'il continuera à porter haut nos couleurs et à défendre les intérêts des jeunes confrères.
Yannick, Nous sommes si différents et si complémentaires à la fois
Tu sais ma loyauté et mon amitié.
Tu pourras compter sur moi, car tu sais aussi qu'avant tout autre considération, ce que nous avons d'essentiel en partage, c'est l'amour de notre Fédération.
Mercredi 18 Juillet 2012
Roland RODRIGUEZ

     

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