Nuit des Libertés le jeudi 20 mars 2008 - Appel à l'abolition de la rétention de sûreté

Mobilisée contre la rétention de sureté instaurée par la loi du 25 février 2008, la FNUJA a adhéré au collectif rassemblant près d'une centaine d'associations (OIP, Génépi, Syndicat de la Magistrature ...) à l'initiative d'une pétition qui a déjà rassemblé plus de 15.000 signatures.



Nuit des Libertés le jeudi 20 mars 2008 - Appel à l'abolition de la rétention de sûreté
www.contrelaretentiondesurete.fr

Exigeant le retrait de ces mesures contraires aux droits de l'homme et indignes de notre démocratie, le collectif organise une Nuit les Libertés Publiques le jeudi 20 mars prochain, de 18h30 à 22h30 à la Bourse du Travail, 3, rue du Chateau d'Eau à Paris, 10e (métro République).

Soutenu par des personnalités de tous les horizons, cet évènement débutera par la diffusion du film de Thomas Lacoste sur la rétention de sureté et se poursuivra par des débats. A cet égard, la FNUJA a signé un texte exposant les motifs de notre action et appelant à la résistance.

Il est fondamental que nous soutenions cet évènement en participant massivement à la Nuit des Libertés pour que cessent les dérives inquiétantes du pouvoir exécutif, sourd aux messages d'inquiétude de l'ensemble du monde judiciaire.

Des actions semblables seront organisées le même jour partout en France et notamment à Marseille et à Nancy.

Appel à l'initiative du collectif contre la rétention de sûreté : La rétention de sûreté doit être abolie !

Article 3 : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains et dégradants (Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales)»

Malgré l’opposition de très nombreux professionnels et citoyens, la loi instaurant une « rétention de sûreté » qui permet, après l’exécution de la peine de prison, de prolonger - sans limitation de durée et sans infraction - l’enfermement des personnes considérées comme d’une «particulière dangerosité» est entrée en vigueur.
La mise en place d’un tel dispositif relève d’une philosophie de l’enfermement qui dénie à l’homme toute possibilité d’amendement.
La présomption d'innocence devient secondaire et la justice de sûreté prend le pas sur la justice de responsabilité.


NOUS NE POUVONS ACCEPTER UN TEL MODELE DE SOCIETE :

- parce que la rétention de sûreté, comparable dans sa philosophie à la peine de mort, est une peine d’élimination préventive susceptible de graves dérives ;
- parce que la rétention de sûreté ajoute de l’enfermement à la peine de prison, déjà anormalement longue en France au regard des standards européens, et constitue en conséquence un traitement inhumain et dégradant ;
- parce que la rétention de sûreté implique un pronostic arbitraire de la « dangerosité », dont les contours ne peuvent être clairement définis, ni par les psychiatres, ni par les juristes ;
- parce que la rétention de sûreté crée l’illusion du « risque zéro » de récidive par l’exploitation démagogique de la douleur des victimes ;
- parce que la rétention de sûreté témoigne du renoncement des pouvoirs publics à faire de la prison un temps utile à la prévention de la récidive et à la réinsertion ;
- parce que la rétention de sûreté, malgré l’accomplissement de la peine, n’autorise plus l’oubli du crime, réduisant ainsi la personne à son acte criminel passé avec le risque de l’y enfermer à jamais ;
- parce que la rétention de sûreté est une violence institutionnelle inacceptable qui prive les détenus de tout espoir de liberté.

Pour toutes ces raisons, la rétention de sûreté n’est en aucun cas un instrument de prévention de la récidive et de protection des citoyens.

Nous appelons tous les professionnels concernés à la résistance contre cette nouvelle disposition répressive, emblématique d’une régression majeure de leurs principes déontologiques.

Nous appelons tous les citoyens à la mobilisation pour l’abolition de la rétention de sûreté, véritable honte pour la France.
Jeudi 13 Mars 2008
Massimo BUCALOSSI

     

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