Discours d'accueil de Loïc Dusseau, président de l'UJA de PARIS, UJA organisatrice du 60ème Congrès de la FNUJA

Paris au mois de mai… Paris sur l’avenir !



Monsieur le Garde des Sceaux,
Mesdames, Messieurs les Hauts Magistrats,
Mesdames, Messieurs les Bâtonniers,
Mesdames, Messieurs les Présidents,
Mes chers confrères,
Mes chers amis,

Le Congrès annuel de la FNUJA constitue traditionnellement l'un des grands moments de la profession d'avocat et, plus particulièrement, du jeune barreau français.

Un grand moment de réflexion bien sûr, mais un grand moment d'amitié aussi.

C'est pourquoi l'Union des Jeunes Avocats de Paris est particulièrement honorée et heureuse de vous accueillir.

Fondée en 1922, l'UJA de Paris est la plus ancienne des UJA !

Et à l'aube de son 82ème anniversaire, elle est toujours aussi dynamique et indispensable au Barreau de Paris !

Des anciens présidents prestigieux certes, des Bâtonniers de Paris issus de nos rangs -déjà deux depuis le début du 21ème siècle et ce n'est sûrement pas fini -, mais surtout un renouvellement permanent de ses équipes qui lui permet de rester toujours proche du jeune Barreau.

L'UJA de Paris est ainsi, elle ne conçoit son action que dans la fulgurance de sa jeunesse.
Cela ne l'empêche pas, autour de sa commission permanente de 45 élus, d'animer 11 commissions de réflexion ouvertes à tout le Barreau et de transformer la qualité de ses travaux en références.

Et puis il y a notre fameuse et si talentueuse « Revue » annuelle, qui depuis plus de 40 ans fait la joie du Tout-Paris-médiatico-politico-judiciaire.

Sans vouloir faire la moindre publicité, car ce n'est pas le lieu, je vous précise tout de même que la Revue 2004 : « Marre l'barreau. Plaider nuit gravement à la Santé » se jouera du 7 au 12 juin prochain au Théâtre de la Porte Saint Martin.

Et l'UJA de Paris tient bien entendu, au sein de la FNUJA – qui par son organisation est un peu l'ancêtre si ce n'est le modèle du CNB - une place particulière.

En premier lieu, parce que tout le monde sait que Paris est peuplé de provinciaux - et son Barreau n'y échappe pas à la règle - on peut considérer que c'est la plus importante UJA provinciale…

C'est d'ailleurs pour cela que nous adorons partager le fruit de nos travaux avec les autres UJA au sein de notre Fédération, et je dois avouer que cette année nous avons particulièrement apprécié la collaboration avec toute l'équipe de la FNUJA et son président grenoblois.

En second lieu, cette place particulière tient à l'organisation cette année du 60ème Congrès de la FNUJA à Paris… Un évènement rarissime !


Mai 1947 : Henri Delmont, alors président de l'UJA de Paris, soucieux de resserrer les liens entre les différentes UJA de France, vient d'inventer, avec entre autres les jeunes avocats de Caen et de Toulouse, la Fédération Nationale des Unions de Jeunes Avocats.

Mai 1959 : Tandis que Gaston Monnerville - qui avait présidé l'UJA de Paris en 1927 - vient d'être élu président du Sénat de la Vème République, voici le premier grand Congrès parisien de la FNUJA.

Mai 1968 : Le deuxième Congrès de la FNUJA prévu à Paris doit être annulé in extremis en raison des fameux « événements » qui conduiront le Général à Baden-Baden, ce qui permet à Jean-Claude Woog, de voir son mandat à la tête de la Fédé prorogé d'une année… et donc pour le jeune Barreau contestataire de retrouver « sous les pavés, le Woog ».

Mai 1969 : Le Congrès prévu l'année précédente peut avoir enfin lieu à Paris mais curieusement, après cette « année érotique », il n'y reviendra pas de sitôt.

Mai 1994 : Un quart de siècle plus tard, l'UJA de Paris ose enfin organiser dans la capitale, sous la présidence d'Alain Ménard, un troisième Congrès parisien – le 50ème, celui qui verra élire Edouard de Lamaze à la présidence de la FNUJA -, avant un nouveau purgatoire de dix longues années.

Mai 2004 : le Congrès de la FNUJA revient enfin à Paris… et ce, sous le haut patronage du Président de la République auquel nous sommes tous, bien entendu, particulièrement sensible.


Depuis de nombreux mois, l'UJA de Paris prépare à votre intention ce Congrès anniversaire de la FNUJA. qui a vocation à rassembler les représentants de tout le jeune Barreau, de Paris comme de Province ou d'Outre mer, sans parler des jeunes avocats étrangers du Canada, de Russie ou du monde arabe qui nous ont rejoint pour cet événement incontournable de la profession.

Dés hier, les jeunes avocats parisiens étaient à l'honneur avec la première « Journée Emploi » spéciale avocats de l'UJA organisée magistralement par Olivier Bureth et son équipe, suivie d'une projection-débat très réussie, en partenariat avec France 2, sur la présomption d'innocence, thème au cœur de l'actualité de la profession après les manifestations du mois de février dernier à la tête desquelles l'UJA de Paris n'a pas démérité.

Tout à l'heure, Monsieur le Ministre de la Justice, qui nous honore de sa présence ce dont nous le remercions chaleureusement, aura l'opportunité de nous dire s'il pense que l'on peut ou non « faire l'économie des avocats ».

Mais je ne saurais toutefois quitter cette tribune sans vous adresser, Monsieur le Garde des Sceaux, en préambule aux discours des présidents et bâtonniers qui me suivront, un message spécifique des jeunes avocats parisiens à propos de trois thèmes sur lesquels, aux côtés de la FNUJA, nous avons été particulièrement actifs.

1/ Le Figaro Entreprises présentait, il y a trois jours, notre Congrès sous le titre : « les jeunes avocats plus proches de l'entreprise ».
Il s'agit effectivement de l'une de nos premières préoccupation et vous savez que, dès l'automne, nous avons fondé à Paris avec les jeunes experts comptables les « mercredi de la création de l'entreprise ».

Alors quand de « vieux » experts comptables ont voulu dans le même temps, déterrer la hache de guerre pour commettre un hold-up sur le juridique qui n'est pas de leur compétence, vous nous avez naturellement aidé et nous vous en remercions vivement.

2/ Puis il y a eu votre fameuse loi dite « Perben II » : à concertation en trompe l'oeil, nous avons été contraints de répondre par des manifestations tape à l'oeil et, quoique vous ayez pu en penser, cette « agitation morale » était nécessaire par la force de son symbolisme. Le Conseil constitutionnel ne s'y est d'ailleurs pas trompé...

Pour l'avenir, nous restons toutefois à votre disposition pour réfléchir ensemble à un nouveau projet de loi qui serait consacré aux renforcement des droits de la défense, des suspects et des coupables bien sûr, - l'affaire d'Outreau ne vient-elle pas encore d'en démontrer la nécessité ? - mais aussi des droits des victimes, et je remercie à cette occasion Madame Nicole GUEDJ d'avoir accepter de nous rejoindre pour notre soirée de Gala de samedi soir.

3/ Enfin, il y eu cette détestable obligation de déclaration de soupçon que j'ai toujours qualifié d' « avocaticide » et que vous nous avez rajouté in extremis dans la loi dite professions du 11 février.

Certes vous n'êtes pas à l'origine de ce texte d'émanation européenne, certes vous étiez obliger de transposer sous la menace des eurocrates, mais personne n'arrivera à convaincre un jeune avocat qu'il ait un jour à dénoncer un de ses clients pour quelque cause que ce soit et à quelque personne que ce soit.

Antigone nous a appris que face à une loi illégitime, la lutte était légitime.
C'est le sens de la demande que nous avons formulé auprès du Bâtonnier de Paris au mois de mars dernier, car c'est le message que nous a laissé le président fondateur de l'UJA de Paris, Joseph Python, mort en 1944 d'avoir refuser de dénoncer ses clients.

Croyez bien que nous continuerons le combat, un combat de principe mais aussi un combat constructif pour lequel nous restons à votre disposition pour vous présenter nos solutions alternatives qui, à mon sens, n'ont pas suffisamment été promues par nos institutions représentatives.

Mais je laisserai le soin à mon ami Jean-Luc Médina de développer ces questions majeures au nom de la FNUJA et je reprends mon modeste rôle de maître de cérémonie.

Cet après-midi, après le déjeuner officiel au sein même du Palais de Justice où nous accueille Monsieur Renaud Chazal de Mauriac, 1er premier président de la Cour de Paris, nos travaux de réflexion prospectifs commenceront avec, ici même dans l'auditorium, un colloque sur l'avenir de la profession, puis un colloque sur les droits de l'homme et le monde arabe.

Nous nous retrouverons ensuite au fabuleux « Musée des Arts Forains » pour commencer la fête, déguisés en votre station de métro préférée.

Demain, un Colloque sur le marketing, la communication, la gestion et le développement des cabinets d'avocats marquera la journée aux côtés des traditionnels travaux en commissions.

Ce sera pour l'UJA de Paris l'occasion de présenter son nouveau « Guide de l'installation et de l'association » pilotée par Valentine Coudert.

Les congressistes se retrouvont, le soir venu, sur le « Paquebot », pour profiter au mieux de Paris by night.

Samedi 22 mai verra, à n'en pas douter, l'adoption de motions qui dessineront l'« avocature » de demain, tandis qu'après le concours de pétanque place Dauphine, un confrère parisien, notre ami Bruno Marguet, devrait être élu président de la FNUJA. Je lui souhaite d'ores et déjà d'accomplir ensuite le même parcours que celui qui fut élu à Paris il y 10 ans…

Tout cela se fêtera bien évidemment à l'occasion d'une prestigieuse Soirée de Gala au « Pavillon Gabriel » qui vous mènera, après la « Revue des Revues », jusqu'à l'aube.


Je ne saurais terminer sans vous préciser que ce Congrès n'aurait pu avoir lieu sans mes amis du bureau de l'UJA et une merveilleuse équipe d'organisation parmi laquelle je citerai en particulier Emmanuelle Hoffman-Attias, Christophe Thévenet, et Olivier Guilbaud, celui-là même qui devrait me succéder dans moins d'un mois.

Ce Congrès n'aurait pas non plus avoir lieu sans le précieux concours de nombreux partenaires dont je ne citerai que les deux principaux :
- L'Ordre des avocats à la Cour de Paris et son Bâtonnier Jean-Marie Burguburu qui n'a rien su nous refuser,
- La Gazette du Palais, partenaire fidèle et toujours proche du jeune Barreau comme le démontre son portail internet Lextenso.

Nous espérons donc que, pour vous tous, ce « PARIS SUR L'AVENIR » sera un Congrès de la FNUJA mémorable, un grand moment d'amitié et de vraie confraternité.

Encore bienvenu à Paris… au mois de mai.
Loïc DUSSEAU
Président de l'UJA de Paris
Le 20 mai 2004
Mardi 1 Juin 2004
O R Garcia