Le Discours d'Olivier BURETH (PARIS) élu Président de la FNUJA

Monsieur le président de l’association des jeunes avocats du Sénégal, Monsieur le président de la commission des relations extérieures de l’association des jeunes avocats du Sénégal,
Mesdames et Messieurs les présidents,
Chers Confrères,
Chers futurs confrères,
Mes très chers amis,


Quel beau cadeau d’anniversaire que voici ! Quelle belle idée d’avoir déplacé la date de notre congrès pour qu’il coïncide avec ma date d’anniversaire. L’attention me touche énormément et très sérieusement, cette coïncidence me remplit de joie. Je remercie naturellement en particulier, l’UJA de Lyon et sa présidente, Hélène Renaudin, mais également Céline Proust, Rodolphe Auboyer-Treuille et celui qui n’est jamais très loin à Lyon, Philippe Nugue. Le congrès n’est pas encore fini, mais nous avons déjà la conviction qu’il est réussi, car il aura su allier la haute qualité des travaux et des motions audacieuses, avec les moments de distraction, d’amitié et de chaleur. Je voudrais également remercier les partenaires qui vous ont fait confiance et sans lesquels ce congrès n’aurait pas eu lieu : AON, Monsieur Ogier, le groupe APICIL, Ecostaff, HSBC, Ponsard et Dumas (je voudrais vous dire que je suis très heureux de la robe que je vous ai achetée pour aller au Mali il y a deux mois !) et Le Tout Lyon.

Merci également à l’Ordre des avocats de Lyon et à son Bâtonnier : votre soutien a été très précieux à la bonne tenue de ce congrès !

Mais ce n’est pas que le cadeau de mes 38 ans que vous m’offrez aujourd’hui en me donnant la possibilité de solliciter vos suffrages pour la fonction suprême de notre syndicat, c’est également le dixième anniversaire de ma prestation de serment (à 3 jours près).

Ainsi et grâce à vous, c’est très certainement le deuxième plus beau jour de ma vie d’avocat que je vis aujourd’hui, après les résultats d’admissibilité au CRFPA, il y a un peu plus longtemps, en 1994. Je me souviens comme si c’était hier, de l’émotion qui fut la mienne lorsque j’ai vu sur le tableau d’affichage que j’avais réussi mes écrits. Après la joie, les larmes, car chez moi, pour moi, devenir avocat n’avait rien de naturel et j’ai ressenti jusque dans mon ventre ce jour là à quel point certains événements peuvent changer la vie d’un homme. Je suis heureux de pouvoir partager ce souvenir avec vous.

Ce que la profession doit changer :



Formation

Mais ce que la profession a pu faire il y a dix ans en m’accueillant, je ne suis pas certain qu’elle puisse encore le faire, ni même qu’elle le souhaite. En effet, la réforme de notre formation initiale a sans aucun doute freiné l’ascenseur social dans notre profession. Le passage à deux ans de formation, quoiqu’on puisse lire et entendre ça et là, sans qu’un réel volet financier ne soit mis en place est pour notre syndicat une honte que je n’accepte pas. Lorsque je rencontre des étudiants, j’ai honte pour notre profession, même si j’essaie de rester droit dans mes bottes, car depuis notre congrès de Montpellier, en mai 2005, nous n’avons cessé de nous battre pour qu’enfin le Conseil National des Barreaux prenne ses responsabilités.

Nous avons tout d’abord appelé à la suspension de la mise en œuvre de la réforme, sans succès. Nous avons ensuite appelé à la mise en place d’un véritable volet financier de la formation initiale avec des prêts à taux réduits, un véritable système de bourses et l’instauration d’une rémunération décente.

Je déplore que nous n’ayons pas été entendus. Et bien, nous allons crier plus fort. Paul Albert Iweins, notre premier président d’honneur président du Conseil National des Barreaux, toi que je sais encore tellement proche de nos préoccupations et de nos idées, mon cher président, voulais que nous prenions l’engagement toi et moi, les yeux dans les yeux, là maintenant, devant nos amis, devant notre Fnuja, qu’avant la fin de ta présidence, la question sera réglée, ou en passe de l’être. Tu n’as pas pu rester jusqu’à aujourd’hui pour d’excellentes raisons, donc nous prendrons cet engagement dans très peu de temps. En tout cas, je ne te lâcherai pas ! Je sais qu’en conjuguant nos efforts, nous arriverons à convaincre les réticents et le cas échéant, à leur tordre un peu le bras, comme nous l’avons fait d’ailleurs déjà dans une moindre mesure pour la gratification des stagiaires qui restera ma plus grande fierté.

Comment peut-on critiquer les notaires et les avoués sur leur numérus clausus et leur système moyenâgeux de vénalités de charges, alors qu’au même moment nous fermons la porte de notre profession, bien que nous sachions que ses rangs doivent grossir dans les prochaines années pour répondre à la demande croissante de droit ?

La motion adoptée aujourd’hui qui récapitule notre position exprimée depuis plusieurs années maintenant guidera mon action, si vous m’élisez.

Par ailleurs, je constate que l'on coupe de plus en plus les élèves-avocats de la vie de leur barreau, des syndicats, des associations. Pour prendre l’exemple du Barreau de Paris, que je connais un peu mieux que les autres, depuis quelques années, on a supprimé les toques au Palais pour les jeunes confrères qui prêtent serment. Ils sont désormais sur la toque de leur patron. Autant dire, que la Lettre de l’UJA, où les autres revues professionnelles, ils ne les voient que très rarement. On a également supprimé les toques qui existaient à l’EFB. Et le comble, on nous refuse la possibilité de communiquer avec les élèves par internet, qui est désormais le moyen utilisé par l’école elle-même. Sur le nouveau site de l’EFB, aucune place n’est faite pour les 200 associations et syndicats du Barreau de Paris. On isole totalement les jeunes de la vie de leur Barreau. Une fois prêtés serment, ils partent pour l’essentiel dans le barreau d’affaires et c’est fini, on ne les revoit plus.

Mais qui va animer nos associations, nos syndicats, nos ordres, nos institutions professionnelles, dans 5, 10, 20 ans ? Pas eux en tout cas !

A ce titre, je me réjouis de ce que l’UJA de Lyon a permis à 21 élèves avocats de participer à ce congrès. Je crois qu’ils ont apprécié nos travaux et que nous en reverrons quelques uns !

Alors, ça sera aussi une des priorités de mon mandat si vous m’apportez vos suffrages, car je sais que tous, localement, vous rencontrez cette difficulté. Avec l’aide du Conseil National des Barreaux et des autres syndicats que je solliciterai et sur lesquels j’espère pouvoir compter, sauf un seul que je ne citerai pas pour éviter de lui faire de la publicité et avec lequel j’entends bien limiter mes échanges à quelques éventuels actes de procédure s’il dérape encore, je rencontrerai très rapidement le Bâtonnier de Paris, le président de la Conférence des bâtonniers et le président de l’Association des présidents de centres et je n’aurai de cesse qu’ils agissent dans le sens d’une ouverture des centres de formations vers les barreaux, de manière à permettre le renouvellement de notre communauté.

Je n’aurais également de cesse d’obtenir la suppression des stages en alternance qui se sont généralisés dans pratiquement tous les centres de formation, alors qu’ils sont à l’évidence contra legem, de manière à permettre que les élèves accèdent au marché du travail 3 ou 4 mois plus tôt qu’actuellement.

Collaboration / Maternité

S’agissant de la collaboration, en dix ans, depuis la convention nationale de Lyon en 1999, nous avons considérablement amélioré le statut du collaborateur, tout du moins sur le papier.

Pour autant et même si le statut a été amélioré, la situation concrète des collaborateurs s’est aggravée. Le salariat n’existe quasiment plus dans notre profession, mais le travail clandestin ne cesse lui de se développer. Depuis mes premiers pas à l’UJA, on n’a pas cessé de dénoncer les faux contrats de collaboration. A force de prêcher dans le désert, nous devons nous regarder en face. Est-ce que nous continuons à exiger, appeler de nos vœux, une fois par an, bien sagement, tout en sachant que rien ne changera, ou allons nous réellement mettre en œuvre ce qui doit l’être pour que cet abus de dépendance économique, cette violation évidente du droit, soit enfin sanctionné. Les actions en requalification de contrat de collaboration libérale en contrat de travail sont demeurées trop rares et n’ont pas eu l’effet souhaité ; il nous faut trouver d’autres voies d’action.

J’organiserai donc à la rentrée, comme l’avait fait Jean-Luc MEDINA des Etats généraux de la collaboration libérale pour imaginer de nouvelles actions plus efficaces.

Et puis il y a un sujet que nous devrons reprendre en main également, c’est celui de LA jeune avocatE. Notre profession se féminise de plus en plus, la population des centres de formation est désormais très majoritairement féminine, les femmes représentent maintenant beaucoup plus de la moitié des effectifs de la profession et la profession continue à les traiter bien mal.

Sur les différences de rémunérations tout d’abord. Il n’est pas normal que dans un cabinet d’avocats, les femmes soient pénalisées et moins bien payées que les hommes, à ancienneté et à productivité égale. Nous devrons réfléchir à des solutions pratiques et adaptées aux spécificités de notre profession pour résoudre ces inégalités. Si nous ne le faisons pas, je crains que la HALDE ne s’en charge pour nous.

Sur la maternité ensuite. Il y a dix ans maintenant, le congé maternité est passé de 6 à 12 semaines. Ce fut à l’époque une grande avancée, mais il ne s’agissait pourtant que d’une phase transitoire. Nous avons d’ailleurs plusieurs fois appelé de nos vœux l’alignement de la durée du congé maternité sur celui des salariées. Si on a estimé que 16 semaines était une durée adaptée pour des salariées, je ne vois pas pourquoi il en irait autrement pour des collaboratrices libérales.

Concernant plus spécifiquement, la situation très particulière de la femme avocate installée et n’exerçant pas au sein d’une structure d’exercice à même d’assurer la poursuite de son activité pendant la grossesse et les semaines qui suivent l’accouchement, j’ai d’ores et déjà demandé à Camille Maury de réfléchir avec d’autres femmes de notre fédération qui ont rencontré ces difficultés à des propositions concrètes que nous pourrions promouvoir dans le cadre notamment de la campagne au Conseil National des Barreaux.

Relations avec la Chancellerie

J’espère que sur des sujets comme ceux là, nous aurons l’écoute du gouvernement et notamment de Madame le Garde des Sceaux. Cela nous changerait !

En un an, nous avons été reçus environ 10 minutes par le directeur de cabinet Dobkine, en juin 2007, un homme charmant au demeurant. S’en est suivi la valse des conseillers, puis le silence radio. On ne peut pourtant pas dire qu’il n’y a pas eu matière à discussion depuis un an.

Je tiens à déclarer très solennellement ici, que ce comportement est inadmissible, irresponsable et indigne d’un Garde des sceaux, dans notre pays, au 21ème siècle.

Inadmissible, parce que depuis 1947, notre fédération a toujours contribué utilement et de manière constructive à l’œuvre de justice dans le cadre d’échanges réguliers et francs avec la Chancellerie et que le fait de mettre fin à ce dialogue est une gifle à notre syndicat, dont je rappelle qu’il continuera à exister longtemps après que la ministre aura été remplacée.

Irresponsable, parce qu’au même titre que le Conseil National des Barreaux et les autres syndicats de la profession, nous sommes un corps intermédiaire qui exprime une sensibilité propre notamment par rapport à celle du Conseil et que vouloir s’en passer constitue un mode de gouvernance anti-démocratique, inadapté à notre monde moderne.

Indigne d’un garde des sceaux, car nous avons une très haute conception de cette fonction que nous respectons et que dans cette conception, le rôle du Garde des Sceaux doit notamment être de rechercher des solutions consensuelles auprès des différentes composantes de l’institution judiciaire. Le ministère de la Justice ne peut pas être géré comme le ministère de la défense ou celui de l’intérieur, il y faut un peu plus de finesse et de tact, de l’empathie aussi et j’insiste sur ce dernier terme, car le juriste de quelque bord qu’il soit est d’abord et avant tout un humaniste qui s’intéresse à autrui.

Alors, lorsque j’entends Notre garde des sceaux, à l’assemblée générale du Conseil National des Barreaux, le 28 septembre 2007 déclarer concernant la réforme de la carte judiciaire, que rien ne se fera sans nous et que je constate que le 6 octobre, le même garde des sceaux, à grand renfort de presse commence à annoncer la réforme cour d’appel par cour d’appel dans le cadre d’un tour de France, je suis profondément choqué !

Alors que votre nomination était porteuse de nombreux espoirs, tant vous sembliez a priori plus à même d’humanité tant sur le fond que sur la forme que vos prédécesseurs issus de l’establishment, c’est avec une grande déception que je vous dis aujourd’hui que vous n’avez clairement pas pris la mesure de votre fonction et qu’il est urgent que vous modifiiez votre mode de gouvernance !

Actualité pénale

Trop de textes remettant en cause les principes de notre système judiciaire et de notre droit pénal ont été votés cette année sans qu’une concertation ne soit effectivement menée avec la profession : Je ne reviendrai pas sur la carte judiciaire, les peines planchers, le Juge délégué aux victimes, le contrôleur général des lieux de détention et en dernier lieu la rétention de sûreté, sujets sur lesquels nous avons réagi tout au long de l’année.

Un mot rapide sur la Rétention de sûreté, car c’est un sujet qui me tient à cœur et sur lequel il nous faut rester motivés. A la suite de la validation partielle de la loi par le Conseil Constitutionnel, nous avons organisé dans le cadre du collectif « Contre la Rétention de Sûreté » la Grande Nuit des Libertés Publiques le 20 mars dernier, qui a rencontré un certain succès. Ce collectif a lancé un nouvel appel pour l’abolition de la rétention de sûreté, dont je vous rappelle qu’il est faut de prétendre qu’elle ne s’appliquera que dans 15 ans, puisqu’elle a vocation, dans certains cas, à s’appliquer immédiatement, ce que la Garde des Sceaux a d’ailleurs eu l’occasion de confirmer lors d’une interview télévisée. Je vous invite tous à adhérer à la pétition qui est en ligne sur le site « contre la rétention de sûreté ».



Ensuite, il y a quelques sujets d’actualité sur lesquels nous allons continuer à apporter notre contribution :

l[la commission Guinchard et sa réflexion sur la déjudiciarisation : Comme vous le savez, nous contribuons très activement à la réflexion du Conseil National des Barreaux qui se réunit en sous-groupes de travail très régulièrement. Je voudrais rendre ici hommage et remercier très amicalement ceux d’entre nous qui passent beaucoup de leur temps au suivi des travaux de cette commission et qui démontrent une fois encore que la FNUJA est source de propositions intelligentes et constructives : Gaelle Cormenier, Julie Couturier qui a rédigé en partie le rapport d’étape qu’elle a soutenue devant la commission Guinchard avec Lionel le 18 avril dernier, Laurence Boyer qui nous a offert, ainsi qu’à la profession la RTOA, dont nous parlerons longtemps j’en suis sûr et Camille, qui un peu à l’image d’un chien de Berger nous permet de continuer à avancer en rangs serrés et ordonnés sur ce sujet vaste, complexe mais tellement déterminant pour notre profession.]I


  • Je suis par ailleurs extrêmement inquiet concernant le projet de réforme de l’ordonnance de 1945 sur les mineurs. Il nous faudra, avec d’autres, nous mobiliser et nous opposer, le cas échéant, tant nous savons par notre expérience quotidienne qu’en matière de mineurs, la sanction pénale inadaptée peut être terriblement criminogène. Il nous faut donc créer une commission spéciale relative au mineur pour suivre ces travaux.


La réforme de nos institutions représentatives

Cette négation de notre profession par la Chancellerie n’est évidemment pas sans conséquence sur la représentativité du Conseil National des Barreaux et l’urgence de la réformer en profondeur.

Or, aujourd’hui, le Conseil National des Barreaux, c’est un peu le parlement d’Ancien Régime : un collège général qui rappelle le Tiers Etat, la roture, que nous sommes, à en lire certains, d’un côté, et de l’autre, un subtil mélange de clergé et de noblesse qui constitue le collège ordinal, composé de suzerains locaux.

Alors que le CNB vient de fêter ses 15 ans, il est grand temps qu’il s’affranchisse de ces pesanteurs et qu’il fasse sa révolution de mai 1968. Nous devons, nous les jeunes, lancer le combat. Car très concrètement, il s’agira d’un combat. D’un combat entre syndicats, certainement. D’un combat avec la conférence des Bâtonniers et l’Ordre de Paris sûrement. Il sera probablement long, mais je ne suis pas inquiet sur son issue, car le sens de l’histoire, c’est une véritable démocratie avec un suffrage universel direct. Il n’y a plus que dans quelques rares républiques bananières que le dirigeant désigne les parlementaires. Notre profession, si elle veut attirer à elle d’autres professions juridiques se doit de donner l’exemple de la modernité. Cette proposition de réforme de nos institutions, que j’appelais de mes vœux depuis les dernières élections, et dont les principes ont été posés aujourd’hui par vous, sera un des points déterminants de notre campagne pour les élections au Conseil National des Barreaux, en décembre prochain. Un vote massif pour notre liste sera pour nos institutions représentatives le signe qu’il faut réorganiser la profession.

La grande profession du droit

Au-delà de la formation de nos jeunes, au-delà des difficultés rencontrées par les collaborateurs et par les jeunes avocats, au-delà de la nécessaire réforme de nos institutions, nous devrons également nous préoccuper de la place de l’avocat au sein de notre société et plus généralement de la structuration de la fonction juridique dans notre économie. Cette structure juridique aujourd’hui est éclatée en divers champs de compétence et professions, ce qui affaiblit considérablement le poids de la fonction juridique. Une faiblesse dans la représentativité et le poids politique tout d’abord, accentué par l’action des pouvoirs publics qui ont tendance à monter les professions les unes contre les autres et à faire le jeu de la division. Une faiblesse dans le poids économique ensuite, aucune des professions n’ayant finalement l’importance économique en relation avec son utilité sociale.

Nous étions précurseurs en 1971 lorsque nous avons absorbé les avoués de 1ère instance, nous étions encore précurseurs, lors de la fusion de 1991 avec les conseils juridiques. Qui peut raisonnablement soutenir que globalement le bilan de ces deux absorptions n’a pas été positif pour notre profession ? Qui peut prétendre que nos champs d’activité ne s’en sont pas trouvés étendus, bénéficiant ainsi à ceux d’entre nous qui se sentaient un peu l’âme conquérante et donc en priorité les jeunes ? Il nous faut aujourd’hui participer pleinement à aux évolutions économique et en particulier, à l’internationalisation des échanges et permettre d’assurer la sécurité juridique des opérations réalisées par les entreprises grandes et moyennes en France et à l’étranger ? Car c’est aussi de cela qu’il s’agit, de la sécurité juridique des opérations économiques et de nos entreprises. Voudrait on laisser quelques officines obscures appliquer le droit, sans déontologie, sans éthique, sans garanties pour le justiciables.

Je rêve de l’avocat partout ! dans les entreprises, dans la propriété intellectuelle, dans les couloirs des bureaux des hypothèques, et pourquoi pas dans les cabinets d’experts comptables et dans les administrations publiques. Voilà comment l’avocat reprendra sa place dans notre société, au cœur de la cité. Et si nous, jeunes ne tenons pas ce discours, qui va le tenir. Il y a assez de conservateurs dans cette profession pour défendre l’image de l’avocat traditionnel. Le monde juridique de demain sera le notre si nous le prenons à bras le corps aujourd’hui, sans peur et sans appréhension ! Et si nous le voulons, au cœur de cette fonction juridique renouvelée, il n’y aura non pas une grande profession juridique, mais la grande profession d’avocats, pour reprendre l’expression lancée par notre président d’honneur Loïc Dusseau. Il n’y a pas que des avocats qui ont cette vision des choses. Il n’y a qu’à se référer au Rapport de la Commission Attali, qui peut être sans le savoir a consacrer la doctrine de la FNUJA sur le sujet, qui après avoir rappelé la qualité et la nécessité des prestations rendues par les avocats et l’ouverture de notre profession vers l’extérieur, a préconisé la remise en cause des privilèges et autres archaïsmes de nos cousins notaires et avoués.

Exercice en entreprise

Dès lors, grâce aux perspectives ouvertes par les conclusions de la Commission ATTALI, la question de l’exercice en entreprise doit être examinée sous un tout nouvel angle, puisqu’il ne serait qu’un énième mode d’exercice de la grande profession d’avocat. S’agissant de ce sujet complexe, je tiens à rappeler que nous n’avons jamais fermé la porte à la poursuite de la réflexion, bien au contraire, puisqu’en 2006, après des débats houleux sous le soleil de Martinique, nous appelions à la réalisation d’une étude d’impact économique.

Pour moi, il y a essentiellement trois événements ou informations qui devraient nous conduire à rouvrir le débat. Le premier événement qui pourrait modifier notre manière d’appréhender le sujet est l’arrêt du Tribunal de première instance des Communautés européennes en date du 17 septembre 2007, dit Akzo, par lequel le Tribunal refuse d’accorder aux juristes d’entreprise le secret des échanges et des correspondances. Donc, aujourd’hui, les juristes d’entreprises doivent savoir et accepter que le « legal privilege » ne leur viendra pas de l’Europe, mais que s’ils le veulent ce sera uniquement dans le cadre de l’exercice de l’avocat en entreprise selon les conditions que nous fixerons.

Le deuxième événement déterminant intervenu est le rapport ATTALI, dont je viens de parler. Les conclusions de ce rapport, dont le président de la République avait déjà annoncé qu’il les appliquerait doivent nous inciter à voir large, à avoir une vision extensive de la profession. Rappelez-vous, l’avocat au centre de la fonction juridique ! l’avocat sorte d’aimant central qui agrège toutes les autres professions du droit. Grâce à la commission ATTALI ce rêve est enfin à porter de main.

Le troisième élément nouveau consiste dans les conclusions d’une étude commandée par le Conseil National des Barreaux au Professeur Bruno Deffains, professeur d’économie à l’Université de Paris X dont le sujet était « l’exercice de la profession d’avocat en entreprise est-il opportun sur un plan économique ? ». Je ne peux pas ici vous en résumer les 40 pages, mais certaines conclusions éclairent le débat d’un jour nouveau et résolument optimiste : je me contenterai simplement de citer un passage de la conclusion « Qu’il s’agisse de renforcer le rôle du droit dans l’entreprise, de profiter d’effets multiplicateurs ou d’induction, ou encore de faire face à la concurrence internationale, la profession ne semble pas devoir pâtir de cette ouverture, dans la mesure plus spécifique où elle devrait entraîner un accroissement du marché du droit profitable à l’ensemble des avocats. ».

Donc l’étude économique que nous appelions de nos vœux a été réalisée, elle est favorable, du point de vue des avocats, à la possibilité pour l’avocat d’exercer en entreprise, les conclusions de la commission ATTALI et l’arrêt Akzo ont créé un climat qui nous est extrêmement favorable pour négocier les conditions dans lesquelles ce nouveau mode d’exercice pourrait être mis en œuvre.

Dès lors, il ne serait pas dans la tradition de la FNUJA de ne pas aller de l’avant sur un sujet comme celui-ci. Je souhaiterais donc que nous prenions toute notre part dans les travaux menés par le Conseil National des Barreaux sur ce sujet dans un élan constructif et inventif.

Interprofessionnalité

Depuis trop longtemps je crois nous investissons une grande partie de l’énergie de notre profession dans la défense d’un périmètre du droit, dont j’ai la conviction qu’il est par essence perméable, compte tenu de la nature même de la règle de droit qui est transversale. D’ailleurs, le peu de succès que nous remportons dans ce combat et les atteintes répétées et désormais régulières à ce périmètre me donnent raison et rendent notre combat quelque peu illusoire. Je crois que là encore, nous devons réfléchir à d’autres manières de contourner la perte de parts de marchés. Je pense notamment à la question des experts comptables, qui au quotidien, empiètent sur nos compétences.

J’ai la conviction que la meilleure solution pour sortir de cette difficulté insoluble est l’interprofessionalité par le haut. Je me suis d’ores et déjà rapproché de nos amis, jeunes experts comptables de l’IFEC, pour étudier avec eux les voies possibles d’une réforme de la SPFPL, les holdings des professions libérales, pour permettre des participations croisées, de manière à jeter les bases de véritables partenariat entre cabinets d’avocats et cabinets d’experts comptables, seuls de nature à dissuader les experts comptables de continuer à empiéter sur nos plates bandes. J’espère que d’ici quelques mois, nous serons en mesure de présenter un projet commun de manière à enfin avancer sur ce dossier, qui devra également englober la création d’un véritable commissariat au droit, pendant du commissariat aux comptes.

Elections au Conseil National des Barreaux

J’ai déjà beaucoup parlé du Conseil National des Barreaux et ça n’est pourtant qu’un début, car comme cela n’a échappé à aucun d’entre vous, dans sept mois, nous en renouvellerons les membres. Lors des dernières élections nous avions eu un excellent score, puisque 6 élus sur la circonscription province et 3 sur la circonscription Paris. J’en profite d’ailleurs pour les remercier tous les neuf pour leur implication au sein du Conseil National et la qualité de leur travail, de même que de leur fidélité.

Pour ces élections, Lionel m’a chargé comme c’est la tradition de constituer une liste, dont nous avons bien évidemment discuté par la suite en bureau. Mes trois critères de choix ont été triple qui sont par ordre d’importance à mes yeux : le mérite, la répartition géographique et enfin la parité hommes/femmes. Je remercie les candidats qui ont accepté de figurer sur cette liste que nous vous présenterons ce soir. Je crois sincèrement, que nous avons ici une belle équipe, dynamique, impliquée dans la FNUJA, jeune et très sympathique !

Pour coacher cette équipe et mener cette campagne, j’ai demandé à Camille de s’impliquer à mes côtés en qualité de directrice de campagne. Nous solliciterons pour la campagne les délégués nationaux, qui par leur implantation locale seront le trait d’union entre leur région et la FNUJA. Ca ne sera pas pour vous une année de tout repos, croyez moi !

Pour remporter ces élections, c'est-à-dire faire mieux qu’aux dernières, il nous faut selon moi trois choses :

- un programme,
- un bilan et des actions concrètes d’ici les élections, et
- une communication digne de ce nom.

S’agissant du programme, vous en avez dressé les grandes lignes dans les rapports qui ont été présentés et les motions que vous avez votées aujourd’hui. Je vous remercie pour ce travail de qualité. Au cœur de ce programme, figurera la réforme indispensable de nos institutions et le renforcement des syndicats au sein d’un Conseil National des Barreaux renforcé, car nous croyons résolument en cette institution et voulons lui donner les moyens de devenir ce qu’elle doit être. Figurerons également parmi nos propositions, nos revendications en matière de formation, de collaboration, d’aide à la maternité, d’installation. Il nous appartient également, en tant que syndicat de jeunes de promouvoir la grande profession d’avocat et les nouveaux champs d’activité qu’elle ouvrirait. J’ai déjà largement évoqué tous ces sujets.

S’agissant de notre bilan : il ne faut cesser de le marteler, car les gens ont la mémoire courte : le contrat de collaboration et ses dernières améliorations qui datent de trois ans à peine, le tarif uja, l’accueil des jeunes, partout en France, très récemment, l’accord sur la gratification des stagiaires, notre participation active et constructive à tous les sujets qui intéressent la profession, je pense notamment pour les plus récentes, à la RTOA, à nos propositions, finalement largement reprises par le Conseil National des Barreaux sur l’aide juridictionnelle. Notre action en matière de formation : Ce sont plus de 120 heures de formation gratuites qui ont été dispensées en un an partout en France par la FNUJA et les UJA. Ce nombre devra augmenter cette année : je m’y emploierai, avec vous et nos partenaires. Il s’agira de démontrer que nous sommes indispensables à la profession, que vous êtes indispensables à son évolution et à son adaptation au monde moderne.

Mais il nous faudra aussi mener des actions concrètes d’ici les élections au Conseil National des Barreaux en décembre prochain. Toutes vos idées sont les bienvenues, mais permettez moi de vous en proposer quelques unes :


- D’ici la rentrée de septembre, je vous propose de lancer au niveau national, un PACK INSTALLATION : il consistera en une série d’offre pré-négociées avec nos partenaires, actuels et à venir, portant sur tous les besoins d’un avocat qui s’installe et d’un conseil à l’installation, sous forme d’un guide de l’installation qui sera fourni avec le PACK. La particularité de ce PACK est le gain de temps naturellement, mais également le prêt unique et la mensualité unique. Nous avons entamé les discussions avec HSBC et je voudrais profiter de l’occasion pour redire ici, l’implication de ce partenaire à nos côtés dans tous les projets qui nous tiennent à cœur. Le PACK INSTALLATION a tout de suite suscité l’enthousiasme de Thierry Clamont et je suis convaincu que parce que ce service répondra à un réel besoin, il montrera que seule la FNUJA est réellement aux côtés des jeunes dans les moments cruciaux de leur carrière. Il pourra être distribué par toutes les UJA, vous permettant ainsi, au niveau local de vous positionner comme le partenaire n°1 de l’installation en même temps que vous ferez la promotion de nos partenaires !

Je voudrais profiter de l’évocation d’HSBC pour remercier l’ensemble de nos partenaires : AON, La Gazette du Palais et mes amis Eric Bonnet et Emmanuelle Filiberti, mon amie de 20 ans, qui est venue spécialement hier soir après trois semaines que je sais avoir été très chargée pour ces deux jours que tu aurais certainement préféré passer dans ta maison. Je voudrais également remercier l’ANAAFA et son président Bertrand Gasse, pour ce jeune partenariat, qui vient d’être renouvelé. Il nous faut maintenant conjuguer nos efforts pour qu’il prenne vraiment son essor et atteigne sa maturité. L’ANAAFA et la FNUJA sont des partenaires naturels et votre participation à notre congrès l’année prochaine en est la preuve. Je veux aussi que vous soyez pleinement satisfait et nous devons pour ce faire développer les actions communes et les efforts de communication. J’en ai conscience et vous pourrez compter sur moi pour aller dans le sens de résultats concrets.

- J’ai également le plaisir et le grand honneur de vous annoncer, que nous allons co-organiser, avec le Conseil National des Barreaux et l’Association des Directeurs de Centres, lors de la Convention Nationale, la première Journée Recrutement nationale de la profession ! Tout d’abord, je salue cette initiative du Conseil National des Barreaux et de son président, Paul Albert Iweins, et de Marie-Aimée Peyron qui est en charge de son organisation. Ensuite, je les remercie de nous y avoir associés, même si, très franchement, je ne vois pas trop qui d’autres ils auraient pu solliciter ! A titre personnel, c’est une énorme joie d’organiser cet événement historique. Il y a dix ans, alors que j’étais président de l’Association des Elèves-avocats, j’organisais le 1er Forum EFB, le premier forum recrutement de la profession et il y a quatre ans, j’avais organisé le 1er forum de recrutement de la FNUJA en marge du congrès de Paris. Alors vous pouvez imaginer, ma joie que pour ce qui constitue l’apogée d’un syndicaliste, la présidence de la FNUJA, il me soit donné de participer à l’organisation du premier forum recrutement national de la profession. Malgré cette joie personnelle exprimée ici devant vous, ce forum sera naturellement le votre, celui de la FNUJA et celui de toutes les UJA qui souhaiteront s’y investir, fortes pour certaines de leur expérience en la matière. Je pense notamment à mon UJA, celle à laquelle je suis très fier d’appartenir, l’UJA de Paris, qui par l’organisation de la JJA en novembre dernier, à l’initiative de son président, Romain Carayol, qui s’est immédiatement imposé au sein du Barreau de Paris, comme un événement majeur, salué par tout le barreau et ça n’est pas rien ! Cet événement permettra de montrer que la FNUJA est résolument moderne et dynamique, toujours tournée vers les jeunes et toujours facteur de cohésion de ce barreau tellement divers voire éclaté.

Il nous faudra beaucoup communiquer sur ce forum recrutement, dans tous les barreaux, car il faut qu’il soit un succès, pour nous, le Conseil National des Barreaux, les Centres de formation, pour la profession toute entière, mais surtout, pour les jeunes avocats !

- En marge de la Convention nationale et comme c’est désormais la tradition, nous organiserons notre premier comité décentralisé. Ce comité et notamment nos travaux en assemblée du samedi matin, seront pour nous une vitrine, comme ça l’avait été en 2005 à Marseille. Je compte sur l’UJA de Lille pour nous présenter rapidement un programme et pour que ce comité ait le succès qu’il mérite.

La communication

Mais au 21ème siècle, le siècle d'internet, de Youtube, des flux RSS, de facebook, de l'information rapide, toutes les actions, tous les rapports, toutes les motions et finalement tout notre travail ne sont rien si nous ne nous dotons pas d'outils de communication modernes. Depuis que j'ai été rédacteur en chef du FNUJA info, j'ai pu constater comme le rapport à l'information de nos confrères a changé. Notre site internet qui a énormément servi est aujourd'hui inadapté à la multiplication exponentielle de l'information. Notre communication institutionnelle, en direction de la presse et des politiques est aléatoire et vieillotte. Nous ne sommes pas des spécialistes de la communication et du marketing et chez nous, la communication n'est jamais la priorité, elle passe le plus souvent au second plan.

Tout cela doit évidemment changer, car le premier syndicat d'avocats de France ne peut pas rester à l'aire de l'ORTF et de la réclame ! Il nous faut désormais une véritable politique de communication, efficace et optimale, dans trois directions avec trois niveaux bien distincts, qui n'existent pas aujourd'hui clairement : entre la FNUJA et les UJA et leurs adhérents ; en direction, du reste de la profession, ce qui concerne à la fois des avocats et les institutions représentatives, et une communication externe, à l'attention des pouvoirs publics et de la presse qui nous méconnait trop encore, mais également des autres professions ou groupements qui d'une manière ou d'une autre sont dans notre champ d'activité et de réflexion.

Je me propose donc de mettre en place les choses suivantes :

- j'ai d'ores et déjà demandé à Frédéric Aznar, de l'agence Axessit, qui nous accompagne depuis plusieurs années de créer notre nouveau site, moderne, ergonomique afin que le site internet de la FNUJA devienne une vitrine lisible de notre organisation permettant de l'interactivité avec les lecteurs, par des réactions à nos articles, de l'actualité juridique, des rendez vous réguliers, plus de vidéo, une mise en valeur de nos partenaires et de leurs offres. Ce site qui sera en ligne d'ici quelques semaines, mais en tout état de cause avant l'été devra être alimenté quotidiennement. Un effort de chacun d'entre vous sera sollicité et en particulier de nos délégués nationaux, qui parce qu'ils sont le traits d'union entre la fédération et les UJA sont une source d'informations et d'idées inexploitées à ce jour. Les délégués nationaux auront donc notamment comme mission de constituer une équipe de rédacteurs et d'alimenter le site. Cette équipe sera animée par Massimo Bucalossi, qui a montré cette année un grand dynamisme et un grand professionnalisme dans la gestion du site, dans la droite ligne d'Agnès Vuillon et de Loïc Dusseau, que je félicite tout particulièrement pour avoir permis l'augmentation considérable de la fréquentation du site.

- mais la mise à jour du site, la gestion de la communication pour la campagne au CNB et notre communication générale, telle que je l'ai décrite précédemment nécessite également un poste à plein temps, occupé par un spécialiste. C'est donc la deuxième mesure que je souhaite mettre en place en matière de communication, c'est le recrutement d'un stagiaire en communication et/ou marketing. Il n'est plus possible que la qualité de notre communication dépende en grande partie de la disponibilité de tel ou tel. Ainsi, nous pourrons mettre en œuvre une véritable stratégie de communication.

Je rêve d'une FNUJA présente sur tous les fronts : celui des combats syndicaux, celui de la communication et du lobbying, celui du rassemblement.

Sur ce dernier point, juste un rappel de ce que vous savez déjà, mais qui montre que la FNUJA, plus que jamais, va se situer au cœur de la profession, qu'elle va rassembler autour d'elle toutes les forces vives, parce que l'on sait, que rassemblés on est beaucoup plus fort : quelques rappels donc : le forum recrutement lors de la convention nationale des avocats en octobre prochain, organisée avec le Conseil National des Barreaux et l'association des directeurs de centres, notre deuxième comité décentralisé en mars 2009, à Strasbourg, ma ville natale, sur les droits de l'homme, en commun avec l'AIJA, dont je salue la délégation présente à ce congrès, notre prochain congrès, à Nice, puis autour de la Corse du 20 au 24 mai 2009, organisé en commun avec l'ENADEP, le réseau GESICA et qui abritera des manifestations de la Conférence des Bâtonniers du Sud Est, de l'ANAAFA, de la CREPA et je l'espère, du Conseil National des Barreaux.


A la fois plus proche et plus loin, nous co-organisons un colloque au Mali, à Bamako, les 19 et 20 juin prochain, avec l'Ordre des Avocats du Mali, la Conférence Internationale des Barreaux, la CIB et l'association Ensemble contre la peine de mort, dont le thème sera « Vers une abolition universelle de la peine de mort ». Je félicite et remercie mon ami Richard Sédillot, qui est à l'origine de ce colloque et qui a fait en sorte que nous y ayons notre place. Richard, tu sais comme tu m'es cher et comme tu nous es indispensable.

C'est ici le moment de parler de notre présence sur la scène internationale, qui me semble être la place d'une fédération nationale comme la notre et qui plus est, a toujours été dans nos priorités.

La politique de jumelages avec les UJA africaines que nous avons lancée l'année dernière à Nimes a commencé à porter ses fruits, puisque deux partenariats ont déjà été conclus par les UJA de Paris et de Nice, avec respectivement la Côte d'Ivoire et le Burkina Fasso, que je félicite. Aujourd'hui même Moussa Sarr, président de l'Association des Jeunes avocats du Sénégal a conclu deux partenariats avec les UJA de Paris et de Lyon ! J'espère que ces jumelages seront animés de manière dynamique. La priorité est d'envoyer un maximum d'ouvrages pour permettre à nos confrères de travailler dans les meilleures conditions et de faire en sorte que l'œuvre de justice à laquelle ils contribuent soit de la meilleure qualité possible. Ainsi que je l'avais souhaité, c'est maintenant les bases d'une fédération africaine des associations de jeunes avocats qui sont en train d'être posées et j'ai bon espoir que lors de notre prochain congrès, nous soyons en mesure de conclure un partenariat avec cette fédération. Je serai présent en tout cas, en août ou en octobre, je crois pour le congrès fondateur de cette fédération.

Je voudrais que nous saluions ici nos deux amis sénégalais qui sont venus spécialement pour assister à notre congrès. Il s'agit de Moussa Sarr, président de l'Association des Jeunes Avocats du Sénégal et Moustapha Ndiaye, président de la commission des relations extérieures. Ils savent la joie que me procure leur présence et ce qu'elle signifie pour moi. Merci de leur montrer par vos applaudissements que vous partagez mon émotion.

Remerciements anciens

Je voudrais maintenant, avant de conclure, avoir quelques mots pour ceux sans lesquels je ne serai pas là aujourd’hui, ceux qui m’ont donné le goût de l’action collective, le goût de notre fédération, qui me l’ont fait aimer au point de m’apprêter à lui consacrer l’année qui s’ouvrira demain. Ceux avec lesquels, j’ai eu la chance de faire mes premiers pas parmi vous, qui m’ont donné la chance de m’investir tous les ans un peu plus depuis 10 ans. Bruno Marguet, David Gordon Krief. Vous n’êtes pas là aujourd’hui, je sais que comme moi, vous le regrettez, mais vous avez de très bonnes raison, je le sais. Pour des raisons différentes, je vous adore. Je vous ai rencontré tous les deux lorsque j’étais encore à l’école et j’ai finalement suivi vos pas, en essayant d’être fidèle à vos idées (même si cela me conduisait parfois à faire le grand écart …). Pour les dix ans que nous partageons maintenant, je vous adore. Merci également à vous, Jean-Claude Woog qui m’avez régulièrement témoigné votre soutien et encore mardi soir, lors de la remise de vos insignes de Commandeur dans l’Ordre national du Mérite, où vous m’avez demandé de transmettre vos pensées amicales à la FNUJA, ce que je fais bien volontiers.

Jean-Luc Médina et Alain Guidi. Malgré des styles assez différents, vous êtes tous les deux des hommes de dossier et en même temps dotés d’une humanité rare. Un équilibre qui m’a toujours impressionné. Toute ma vie, Jean-Luc, je me souviendrai de notre week end de bureau, à Tunis, où en un seul we, j’ai saisi et adhéré aux valeurs de la FNUJA. La chaleur des échanges, le mélange constructif Paris/province, l’intelligence et l’audace, l’international et la bonne chère !

Je voudrais également remercier chaleureusement de leur soutien depuis de nombreuses années et de leur présence aujourd’hui, Marie-Aimée Peyron, Eric Azoulay ainsi que Janine Franceschi Bariani, qui est venue spécialement pour être avec nous cet après midi, de même que tous les membres d’honneur et présidents d’honneurs présents cet après-midi et que je n’aurais pas cités, ainsi que ceux qui ne sont pas présents aujourd’hui, mais qui savent que j’ai une pensée pour eux.

Je n’aurais pas toutes ces ambitions si je pensais être seul. Je sais que je vais pouvoir m’appuyer sur ceux du bureau qui vont m’accompagner tout au long de cette année. Mais avant tout, je voudrais dire un mot à ceux qui vont prendre d’autres chemins.

Mes deux Agnès d’abord. Agnès Vuillon, dite "A2T" (il fallait bien qu’on les distingue). Tu sais … Depuis ces dernières années, je me réjouissais de passer cette année avec toi, ta bonne humeur, ton énergie, mais ton sérieux et ta force de travail aussi et puis, tu es mon amie ! Je ne peux m’empêcher d’être triste. Pourtant, je sais que pendant l’année qui vient, tu auras encore l’occasion de nous faire profiter de tes vraies qualités de syndicalistes et d’organisatrices. Au Conseil National du Barreaux, où j’espère bien que tu seras élue. Et puis, pour l’organisation de notre Congrès 2009, LOVE BOAT comme tu l’appelles. Et puis, et puis, tu as décidé de devenir maman, je crois même d’ailleurs que ça a été déterminant dans ta décision. Et là, je n’ai rien à dire, sinon que je suis tellement heureux pour toi !

Une Agnès qui part en cachant une autre, Toi aussi, "A2P", tu as décidé de suivre une autre voie et tu sais que je respecte ton choix. Tu as littéralement explosé en deux ans. Tu as mis en place et animé notre cellule lobbying. Tu es sérieuse, consciencieuse, disponible à tout moment et puis, tu es tellement gentille et pleine d’empathie. Toi aussi, je te regretterai.

Estelle Fournier, nous nous connaissions assez peu à ton arrivée au bureau, mais tu nous as tous rapidement conquis. Ta bonne humeur d’abord. Tu nous as fait bénéficier avec beaucoup de modestie de ton expérience d’ancienne présidente d’une très grosse UJA. Ton travail a été remarquable et tu peux compter sur moi pour le faire aboutir en temps et en heure. Oui, ton annuaire sera imprimé sur papier glacé au plus tard à la convention nationale ! Bravo pour ce travail de titan. Je serai absolument ravi si tu acceptais de poursuivre ce travail jusqu’à son terme, dans le cadre d’une délégation spéciale.

Jean-Christophe Guerrini. De manière plus étonnante, puisque nous sommes issus de la même UJA, nous nous connaissions peu au début de cette année et je suis ravi de cette amitié qui nous lie désormais. Toi aussi, tu as marqué cette année par ta bonne humeur, ta disponibilité et ton travail. Je sais que je pourrais compter sur toi, notamment pour le prochain congrès qui se déroulera chez toi.

Heureusement pour moi et pour vous, Massimo Bucalossi sera de l’aventure. Massimo, ça n’est pas qu’un physique d’éphèbe, c’est aussi et surtout un travailleur, qui s’est jeté à corps perdu dans le site internet, d’une disponibilité sans faille et d’une très grande gentillesse. La perspective de partager cette année avec toi me ravie !

Et puis, il y a Camille Maury, qui vient de vous présenter sa candidature à la 1ère vice-présidente. J’espère que vous lui accorderez la confiance qu’elle mérite. Je compte beaucoup sur elle pour m’aider à réaliser mon projet. Camille a déjà accepté de prendre en charge différents aspects de ce projet et notamment, la direction de campagne de la liste au Conseil National des Barreaux et je suis convaincu qu’ils seront traités de manière exemplaire. Les liens d’amitié qui nous unissent m’assurent de la qualité de notre collaboration constructive tout au long de cette année.

Bien entendu, j’ai gardé le meilleur pour la fin. Jeudi matin, nous avons acclamé Lionel lors de la séance d’ouverture de ce congrès, pour la qualité de son discours, mais surtout pour la manière dont il a su faire face tout au long de cette année particulièrement chargée et difficile. Je n’ai pas souvenir en dix ans de Fédération d’avoir vu une année aussi chargée et notamment, la période de la fin 2007 avec la réforme de la carte judiciaire. Tu as su être à la fois dans l’action et dans l’écoute de notre fédération, tu as su la présider avec beaucoup d’humanité et à ton contact aussi, j’ai appris beaucoup.

Dans trois semaines, vous allez désigner 5 nouveaux membres qui finiront de composer ce bureau. Que ceux qui envisagent de se porter candidats sachent qu’ils seront les bienvenus et que j’essaierai de les accueillir dans le même esprit et avec la même chaleur qui m’ont été réservés.

Il en ira de même des délégués nationaux pour lesquels vous allez voter tout à l’heure ! Comme je l’ai dis, ils vont être très sollicités cette année : tant sur les élections au Conseil National des Barreaux, que sur la communication, dans le cadre de l’équipe de rédaction du nouveau site internet. Je tiens à vous remercier pour votre implication ! Vous êtes les cadres de notre Fédération et, avec le bureau et les responsables de commission, sa cheville ouvrière et si vous le voulez bien, tous ensemble nous permettrons à la FNUJA d’aller encore un peu plus loin.

En résumé mes chers amis, si vous m’accordez votre confiance tout à l’heure, et que vous vous engagez à mes côtés tout au long de cette année, je ferai en sorte de laisser derrière moi dans un an et 14 jours, en Corse, une FNUJA plus que jamais moteur de la profession, humaniste, rassembleuse et ouverte sur le monde !


Merci.
Mercredi 14 Mai 2008
Massimo BUCALOSSI

     

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